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Restauration du lit du Drac en Champsaur : BURGEAP, maître d’oeuvre d’une première européenne en matière de recharge sédimentaire de cours d’eau

Le Drac, ressource en graviers pour les travaux publics depuis les années 1970, a longtemps été perçu comme exploitable et inépuisable. Suite aux crues de 2006 et 2008, la situation est devenue critique :  la rivière s’est s’enfoncée jusqu’à 4 m de profondeur, et de façon irréversible, dans les marnes argileuses situées sous son matelas alluvial de galets. La nappe alluviale a chuté, entraînant des conséquences écologiques majeures sur la forêt alluviale, la faune et flore locales ; des glissements de terrain ont commencé à se produire et menaçait à terme une route nationale, des habitations, des terres agricoles et la digue du plan d’eau touristique du Champsaur. Il était urgent d’intervenir, sans quoi le phénomène d’érosion régressive se serait aggravé et se serait poursuivi plus en amont.
Grâce à une forte volonté locale, la solution choisie a été innovante et a consisté à « recharger » le lit en alluvions empruntées sur des anciennes terrasses du lit majeur. Près de 450 000 m3 de galets, graviers, sables et limons ont ainsi été réinjectés sur 3,6 km pour rehausser et remodeler le profil de la rivière tel qu’il était en 1960. La rivière a retrouvé un style fluvial en tresses, avec des chenaux multiples et mobiles sur 80 à 200 m de large, alors que le lit avant travaux était rectiligne et réduit à 30 m de largeur.

BURGEAP a assuré la maîtrise d’œuvre du chantier (terrassement, protections de berge, renaturation de milieux naturels, passe à poissons), et vient de réceptionner ce projet atypique de 4,5 M€ porté par la CLEDA. Le projet a été financé par l’Agence de l’Eau, le Conseil Régional PACA, le Conseil Général des Hautes-Alpes, l’Europe, et la Communauté de Communes du Champsaur.
Les six mois de chantier ont été menés tambour battant (60 engins, 80 hommes sur site, jusqu’à 15 000 m3 mobilisés par jour), et se sont déroulés en plein hiver pour profiter des faibles débits et faire travailler 7 entreprises locales habituellement en arrêt d’activité dans cette région de montagne. Les travaux ont utilisé des techniques topographiques de pointe (LIDAR, GPS), permettant de maîtriser les cotes altimétriques du lit restauré à 5 cm près sur une surface de 60 ha.

Il s’agit d’une première européenne en matière de restauration hydromorphologique de cours d’eau (au sens de la Directive Cadre sur l’Eau du SDAGE Rhône Méditerranée) : d’une part, par l’importance du volume de recharge sédimentaire (450 000 m3) ; d’autre part, par le fait que les travaux concernaient une rivière en tresses (style fluvial typique des rivières sauvages des Alpes et menacé).

Cette première européenne, très importante sur le plan scientifique, est aussi à la croisée des métiers de BURGEAP : Eau,  Sites et sols pollués, Aménagement durable. En attendant les premiers résultats du suivi scientifique post-travaux, la prochaine crue devrait transformer des terrassements volontairement uniformes en une belle rivière en tresses.